Memo. Souvenirs du futur. Dernières traces au CID

17/08/2026

En 2021, le ministre des Affaires étrangères de l’archipel de Tuvalu, situé dans l’Océan Pacifique Sud, prononce son discours à la COP26 debout dans la mer, les pieds dans l’eau. Son pays sera submergé avant la fin du siècle. L’année suivante, il annonce que Tuvalu deviendra la première nation numérique au monde, numérisant sa langue, ses traditions et sa culture pour les préserver dans le métavers.

C’est ce point de départ que le duo de commissaires d-o-t-s (Laura Drouet et Olivier Lacrouts) a transformé en exposition : Tuvalu est-il un cas isolé, ou le symbole d’un effacement bien plus vaste ? La réponse prend la forme d’une quinzaine de projets d’artistes et designers, portés par des témoins directs, habitants, héritiers, concernés, et non par des observateurs extérieurs.

Parmi eux : le dernier enregistrement du chant du Huia, oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, éteint au XXe siècle ; une fleur mauricienne disparue en 1844, reconstituée avec du maquillage et un parfum spéculatif ; les gestes liés à la récolte des olives dans les Pouilles, filmés alors qu’une bactérie ravageait les arbres et effaçait ainsi les savoir-faire liés à la récolte des olives.

La scénographie, sobre et éco-conçue, est pensée pour voyager. Le Grand-Hornu, ancien charbonnage restauré par la Province de Hainaut, lui-même une archive vivante projetée vers l’avenir, est un écrin naturel pour cette réflexion sur ce qui disparaît et ce qu’on choisit de garder.

A voir jusqu’au 30 août 2026.

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