Hainaut, terre de tournage

13/03/2026

Jeudi 12 mars en soirée au Love International Film Festival de Mons, six courts métrages,  tous tournés en Hainaut, plusieurs dans la région de Mons, étaient projetés dans le cadre de la séance « Courts en Hainaut » organisée par notre Secteur Cinéma. Avant les films, les personnes qui ont rendu ces tournages possibles ont pris la parole.

Un soutien qui fait la différence

Le Love International Film Festival et le Secteur Cinéma de la Province de Hainaut partagent depuis longtemps un même engagement : soutenir le cinéma qui se fait ici, avec les moyens du territoire. Olivier Gicart, Chef du Secteur Cinéma, a ouvert la soirée en illustrant concrètement ce que ce soutien peut changer. L’exemple choisi était tout frais : La Moisson d’Alice D’Hauwe venait de recevoir le René du Meilleur Court Métrage de fiction le samedi précédent.

Le film avait été refusé plusieurs fois au Centre du Cinéma de à la FWB, ne disposait d’aucun financement institutionnel au moment du dépôt du dossier, et ne tenait qu’à 8 000 € de financement participatif. C’est le Fonds d’aide provincial à la production qui avait alors permis au projet de tenir debout. « Sans l’aide du Hainaut, La Moisson n’aurait tout simplement pas vu le jour. »

Olivier Gicart, Chef du Secteur Cinéma

Une conviction qu’Olivier Gicart résume simplement : « Ça veut dire que 10 000 €, même si c’est peu comparé aux aides de la FWB – 50.000 euros par film – à un moment, c’est important. Les producteurs nous le disent, même quand un film est financé par ailleurs du reste. »

Derrière les décors, un homme

Le Secteur Cinéma ne s’est pas limité au soutien financier. Il a aussi développé, au fil des années, une aide au repérage de décors pour les réalisateurs de courts métrages sur l’ensemble du territoire hainuyer — un service discret, mais que les réalisateurs apprécient à sa juste valeur. Olivier Gicart a évoqué avec amusement la réalité de ce travail : des demandes parfois très précises, comme ce champ de blé avec perspective ouverte, sans maison à l’horizon, et la moisson filmée en direct. « Et là, ça commence à devenir compliqué. Et finalement, on y arrive. »

Derrière ce « on y arrive », il y a Hugues Vanhoutte. Olivier Gicart a tenu à lui rendre hommage publiquement : quelqu’un qui, pendant des années, de manière constante et infatigable, a cherché, trouvé, négocié, et est devenu un expert que les réalisateurs continuent de consulter. « Son travail est vraiment remarquable. » Puis il lui a cédé la parole.

Hugues Vanhoute, Olivier Gicart et Anne Saint-Moulin du Secteur Cinéma, Alice D’Hauwe, réalisatrice et Joseph Rouschop, producteur, accompagnés par le René du Meilleur Court Métrage.

Un parking de supermarché et un champ de blé

Hugues Vanhoutte a présenté les six films de la soirée. Trois ont bénéficié du soutien financier et du repérage, En voiture Clara de Sarah Dufossé, La Moisson d’Alice D’Hauwe et L’Enfant Cavale de Margot Brière Bordier. Les deux premières réalisatrices ont été invitées à partager leurs coulisses de tournage.

Sarah Dufossé, pour En voiture Clara, avait besoin d’un grand parking vide. Hugues Vanhoutte avait pensé au Cora d’Hornu, sans trop y croire. « Jamais un supermarché n’acceptera qu’on fasse un tournage sur son parking. » Le directeur a pourtant dit oui. L’équipe a tourné un jour férié, un dimanche, et pour les deux autres jours, une partie du parking leur a été réservée. « C’était assez inespéré de trouver un parking aussi grand juste pour nous, pendant quatre jours de suite », a ajouté Sarah Dufossé.

Pour La Moisson, Alice D’Hauwe avait besoin d’une ferme entourée de champs de blé, avec la moisson filmée en temps réel. Hugues Vanhoutte a raconté les repérages lancés d, quand les jeunes pousses ne permettaient pas encore de distinguer le blé du maïs, les fausses pistes, et la négociation de dernière minute avec le propriétaire du champ — qui n’était pas le même que celui de la ferme. « On est tombé sur des gens sympas, qui ont à chaque fois accepté. »

La Moisson, un film réalisé par la Montoise Alice D'Hauwe.

Alice D’Hauwe a rendu hommage à ce travail avec des mots simples : « On ne fait pas tout un film tout seul. On ne se rend pas compte, quand on regarde l’écran, du nombre de personnes qui doivent intervenir. J’avais imaginé des décors qui ne sont pas faciles à trouver en Belgique — et Hugues les a trouvés. » Avant d’ajouter avec le sourire : « C’est sûr que je t’ai compliqué la vie, je le sais bien. »

La Moisson a été tourné dans la région d’Enghien — à la ferme éponyme, sur la Place d’Ollignies et dans les Carrières de Maffle. Alice D’Hauwe est originaire de Mons, même si son film a finalement pris racine en Wallonie Picarde.

Hugues Vanhoutte a également excusé l’absence de Margot Brière Bordier, dont L’Enfant Cavale a été tourné aux Carrières Lebailly, dans l’ancien couvent d’Hautrage, autour de la Ronde Maison à Jurbise et dans le Bois de la Houssière à Braine-le-Comte.

La seconde partie de la séance réunissait Eye Shut Club d’Aymeric Bolé, Canard de Michel Duprez et Têtes d’enterrement de Nicolas Galoux — trois films ayant bénéficié de l’aide au repérage.

 

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