Le Festival Papier Carbone, qui s’est tenu les 9 et 10 mai derniers au BPS22 – Musée d’art à Charleroi a rencontré un formidable succès. Cet événement n’aurait pu voir le jour sans l’immense travail et l’engagement des membres de l’ASBL Copie Carbone et de leurs partenaires, dont le dynamisme et l’expertise ont transformé les espaces du musée d’art de la Province de Hainaut en une véritable ruche dédiée au print dans des formes hyper variées.

L’équipe du musée a aussi accompli un travail énorme en un temps record pour qu’existe cet événement. Soutenir et accueillir Papier Carbone allait bien au-delà d’un simple prêt d’espaces, il s’agissait, en ouvrant nos portes aux cultures alternatives, à la micro-édition et aux arts imprimés indépendants, de réaffirmer son ADN de lieu vivant, audacieux et connecté aux réalités de son époque. Poursuivant l’ambition de rendre la culture accessible au plus grand nombre, Papier Carbone nous aide à désacraliser le musée en prouvant qu’un centre reconnu d’art contemporain peut être à la fois un lieu d’exigence scientifique et un espace de fête populaire, de contre-culture et de liberté d’expression.
Aujourd’hui implanté sur le CampusUCharleroi le musée est particulièrement sensible aux enjeux de la formation. Chaque année, il accueille de très nombreux étudiants, en stages, les accompagne dans leurs travaux et organise une médiation qui leur est spécifiquement dédiée. Dans le cadre de Papier Carbone, nous sommes heureux d’avoir pris des allures de labo pour les étudiants en architecture de l’UMONS (Université de Mons) qui ont entièrement réalisé, in situ, la signalétique interne du festival. Conçu intégralement à l’aide de cartons de récupération, ce projet à échelle réelle a permis aux futurs architectes de lier contraintes logistiques et démarche d’upcycling. En transformant des matériaux de réemploi en structures fonctionnelles esthétiques, ils ont magnifié les halles du musée tout en limitant l’empreinte environnementale de l’événement. Bravo et merci à eux.

Une des arches de signalisation conçue par les étudiants en archi de l’UMONS.
Pendant tout le week-end, une quinzaine d’écoles et d’académies d’art ont investi les espaces pour présenter et commenter leurs travaux.
Leurs étudiants ont pu enrichir leurs pratiques professionnelles en assistant à un cycle de conférences pointues présentant des retours d’expérience concrets.
Le « salon des imprimés » s’est distingué à nouveau par sa grande diversité créative, rassemblant plus de 65 artistes et éditeurs venus de Belgique, de France, d’Allemagne, d’Espagne et du Mexique.
Le public a pu explorer des pratiques très diverses et aussi découvrir des expositions éphémères avec le travail de Sophie Cure (et son Bureau des Affaires Lexicales), les propositions de Fotokino ou du collectif allemand RFI. L’artiste québecoise Karine Locatelli était aussi présente au cœur de sa restitution de résidence et elle a pu aller à la rencontre d’un public très nombreux.

Exposition de l’atelier Fotokino (Marseille)
L’un des plus grands accomplissements a sans doute été sa capacité à créer du lien en attirant au BPS22 un public différent – pas forcément mobilisé par l’Art contemporain – intergénérationnel et curieux. Les visiteurs ont activement pris part à la fête grâce à des animations participatives comme des ateliers de micro-édition, d’initiation au tétrapak. Des performances artistiques et sonores ont aussi émaillé le week-end.
Avec plus de 65 exposants internationaux et une quinzaine d’écoles d’art mobilisées, cette édition hyper fréquentée confirme le rayonnement du festival Papier Carbone et du BPS22 bien au-delà des frontières de Charleroi !



