« Va-et-vient », Pol Bury au Centre de la Gravure

12/01/2023

L’expo « Va-et-vient » qui se tient jusqu’au 12 mars 2023 au Centre de la Gravure et de l’image imprimée, s’inscrit dans le sillage de l’initiative portée par le Daily Bul et le Mill en vue de commémorer les 100 ans de la naissance de Pol Bury.

Une sélection très pertinente a été opérée parmi les 250 pièces de Bury qui figurent au sein de la collection du CGII. On leur a associé des œuvres appartenant à des collections privées et à d’autres institutions, notamment dans le but de reconstituer les séries complètes imaginées par l’artiste.

Star de renommée mondiale, Bury vit le jour à La Louvière en 1922. Il n’est à priori pas célèbre pour son œuvre imprimée. Pourtant, et vous en ressortirez convaincu en quittant la Rue des Amours, l’estampe a toujours tenu un rôle extrêmement important dans le travail de l’artiste. C’est sur base de ce constat que les commissaires de l’exposition Véronique Blondeel et Christophe Veys, ont d’ailleurs choisi d’appeler leur proposition consacrée à Bury, « Va-et-vient », en référence à sa grande passion pour le mouvement mais également au fait que de manière très régulière le plasticien allait et revenait vers la gravure dans sa pratique.

Photo accueil Pol Bury expo-po

Après nous avoir accueilli par un magnifique et intime portrait de l’artiste, la rétrospective présente la courte connivence du plasticien avec le surréalisme, née de sa rencontre avec Magritte. Ce moment clé est sans doute à l’origine du processus de création chez Bury. Ses premières pièces témoignent assez rapidement d’une envie de mouvement prodigieuse qui sera ensuite influencée par Alechinsky et Dotremont.

En quête d’un geste libre, Bury propose alors quelque-chose de plus construit que ses partenaires au sein du collectif Cobra. Sa rencontre avec Calder le poussera à quitter la toile pour prendre possession de l’espace qui l’entoure, proposant au départ au spectateur de devenir acteur en animant ses créations. Assez rapidement, Bury introduit aussi des moteurs qui mettent en branle ses objets, de manière subtile et aérienne.

« Ce que recherche Bury c’est à saisir le moment où nait le mouvement celui qui se place juste entre l’arrêt et la marche » commente Véronique Blondeel.

Pas à pas, le parcours nous montre comment Bury passe à la 2 dimensions et tente de nombreuses manières de restituer les impressions de mouvements dans ses œuvres. Elle met à l’honneur des pièces remarquables illustrant ce qu’il appelle la cinétisation. On y retrouve aussi des ramollissements, qui créent une impression de mouvement dans des œuvres figées. Des œuvres qui témoignent du souhait de chahuter l’ordre social et le conformisme en s’attaquant à des figures universelles, telles que le pape, la statue de la liberté, Mao, etc.

Expérimentant de multiples médias, Bury invente de nouvelles narrations : de ses recherches vont par exemple naître des fictions peuplées de grandes bulles investissant l’espace urbain.

« Pol Bury intègre avec plaisir l’anormalité dans la normalité » déclare Véronique Blondeel

Une autre séquence de l’exposition retrace une rencontre importante : il s’agit de celle qui liera Bury à Balthazar tout au long de leur vie et qui verra naître l’académie de Montbliart et la pensée Bul, synonymes d’amusement et de délires sans fin.

Intéressé par absolument tout ce qui touche à la question du temps et de l’espace, c’est à New York que Bury trouve enfin la liberté, l’aisance et l‘assurance pour poursuivre son processus créatif en lien avec ces questions, grâce au galleriste John Lefèvre qui lui donne l’opportunité d’exposer là-bas.

L’exposition montre aussi des séries sorties de l’atelier d’Imprimerie Arte, où Bury travaille grâce à Adrien Maeght (Fils d’Aimé Maeght), dès son retour en France en 1968. Dans ce laboratoire, en tandem avec l’imprimeur avec qui il échange en permanence en quête de mouvement, apparaissent des entrelacs, des pièces nées du déploiement de lanières de cuir ou de plomb sous les rouleaux de la presse, qui restituent ou inventent des mouvements qui sont à la racine de ses œuvres. En les observant, on perçoit ce qui réjouit le plasticien : le côté accidentel et aléatoire du mouvement.

Plus loin, les formes se font universelles, simples et structurées pour parler à tout le monde. À d’autres moments, elles créent des mouvements vibratoires qui apparaissent grâce à des jeux subtils de traits. À la lenteur du mouvement se substitue la rapidité des images qui sont pourtant à l’arrêt.

Une rétrospective exhaustive donc, que vous pourrez poursuivre en vous plongeant dans l’excellent catalogue édité par le Musée et autour de laquelle l’équipe du musée a composé un programme d’activités très riche ! Stages, conférences, ateliers ouverts, rencontres, visites guidées, workshops… plusieurs rendez-vous s’offrent encore à vous chaque semaine, avant la fin de l’exposition. Toutes les informations à ce sujet figurent sur l’agenda du Musée.

Et puis comme Christophe Veys, directeur du Centre de la Gravure, aime à le souligner : « Ce qui est merveilleux à La Louvière, c’est qu’elle concentre un ensemble de remarquables institutions culturelles à distance pédestre ! ». Une balade sur les pas de Bury a d’ailleurs été composée par les partenaires du projet, elle vous permet notamment d’admirer quelques pièces installées de manière permanente à La Louvière.

Alors ne boudez pas votre plaisir et si vous êtes de passage en Ville, profitez-en pour pousser la porte des autres institutions qui sont installées tout près de là. Le MILL, le Daily Bul, le Centre Keramis, et un peu plus loin Site minier du Bois du Luc, méritent absolument votre visite !

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