Femmes et Patrimoine

13/09/2021

Les 11 et 12 septembre se tenaient les journées du Patrimoine en Wallonie. Leur thème cette année, « Femmes et Patrimoine », n’a pas manqué d’inspirer nos collègues… Le destin de plusieurs femmes était en effet le sujet de visites contées et animations proposées durant tout le weekend par la Maison Losseau et le Centre d’Innovation et du Design.

Une proposition originale à Mons : découvrir l’empreinte laissée par Hermeline Desmette, la mère de Léon Losseau, dans l’hôtel particulier Art Nouveau où elle vécut avec son fils jusqu’à son décès, en 1920.

Cette figure féminine souvent méconnue fût le temps d’un weekend ressuscitée, à travers un parcours ludique. D’objet en objet, les visiteurs ont pu croiser cette âme de la maison, il ont aussi pu baigner dans les parfums, les couleurs, les voix et musiques du passé, en arpentant les pièces où Hermeline aimait s’installer.

La Maison Losseau étant pour l’histoire marquée par la figure tutélaire de son commanditaire principal, Léon Losseau, le temps d’un weekend, ces activités faisaient en quelque sorte œuvre de réhabilitation pour Hermeline qui – et ce n’est pas son influence la plus importante – a financé, jusqu’à sa mort, tous les projets architecturaux de son fils unique.

Ce sont plus de 300 personnes qui ont (re)découvert la demeure au rythme d’une balade rendant hommage à cette dame issue de la grande bourgeoisie.

 

 

Un autre hommage très documenté était proposé par le CID au Grand Hornu, en partenariat avec l’équipe du Secteur Education permanente et Jeunesse. Il s’agissait de parcourir le site sous un angle différent, à la lumière de récits abordant les figures féminines de la mine. Un parcours très émouvant, imaginé par un binôme féminin : Zoé et Christine.

Le temps d’une déambulation, le public nombreux est parti à la rencontre des femmes ayant côtoyé la rudesse de la mine. Les témoignages d’Alfreda, hiercheuse boraine, qui eut la hanche écrasée par un chariot de mine en 1942, celui de Fernande, trieuse, un jour tombée dans le tamis du charbonnage, ou bien encore celui de l’artiste Cecile Douart, ont raisonné au gré d’une promenade de près de deux heures.

Le périple commençait en effet par la lecture d’un texte de la peintre célèbre pour avoir immortalisé ces damné.es de la terre et dont la plume a fait ressurgir pour les visiteurs les paysages du Borinage de la fin du 19ème siècle et leur fourmillement industrieux. En voici un court extrait…

« Du haut de l’escarpement, va-et-vient de chevaux trainant les wagonnets pleins de décombres. Des hommes les déversent, les remboitent sur le pivot, les repoussent d’un saut brusque et en attrapent d’autres sous l’avalanche de débris, toute une grappe de femmes attend, stoïque, nuque baissée, et paupières plissées, un moment d’accalmie pour fouiller des doigts ou de la truelle des cailloux mouvants. Prestement, elles saisissent leur proie, en remplissent leurs jupes retroussées et se maintiennent accrochées comme elles peuvent des orteils et des coudes. Quand la charge sera suffisante, mes boraines iront vendre leur charbon de rebut pour quelques sous aux petites gens des faubourgs. Comme de géantes fourmis elles vont en file, glissant sur leurs chaussons de toile, le coin du sac en plein emboité sur la tête, le fardeau pesant le long de l’échine, les mains aux genoux ou aux épaules pour équilibrer le poids, le menton en avant accusant un peu de goitre ».

Pour aider les participants à s’imaginer tous les bruits, les odeurs, les sentiments qui peuplaient jadis la cour et les fosses du Grand Hornu, les animatrices ont réuni une importante documentation, des reproductions d’oeuvres, des objets du quotidien qui étaient présentés au public. Deux lourdes lampes de mine portées comme des témoins par les visiteurs rendaient un souffle de vie à toutes ces héroïnes anonymes qui ont connu la terrible pénibilité de la mine. Et puis pour se quitter de manière douce et amusante, chacun a pu entonner un petit air ancré dans le folklore borain : le chant d’ouverture du Cabaret borain de Wasmuel écrit par Henri Tournelle en 1912.

Si vous ne connaissez pas cette chanson, on vous invite à l’écouter 🙃 ici

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