Mimesis : quand Damien Germay laisse parler la matière

28/10/2026

Avec Mimesis, le Centre d’Innovation et de Design au Grand-Hornu consacre une rétrospective qui remonte près de vingt ans de travail du designer franco-belge Damien Germay, une expérience aussi belle pour le visiteur qu’elle l’a été, dit-il, pour l’artiste lui-même.

Car en replongeant dans ses archives pour préparer l’exposition, Damien Germay a eu une révélation : retrouver, entre ses toutes premières créations et ses pièces les plus récentes, un fil conducteur qu’il n’avait jamais formulé clairement. Depuis ses débuts dans la scénographie de spectacles de danse jusqu’à la fondation de son studio en 2007, où il travaille dans un esprit résolument expérimental, une même intuition le guide : s’inspirer de la nature.

Vue d’exposition. Crédit photo : Caroline Dethier

Sa manière de faire tient presque de la conversation. Formé à Saint-Luc à Tournai puis au Fresnoy à Tourcoing, il a appris à faire dialoguer artisanat et numérique, sans jamais laisser l’un dominer l’autre. L’erreur, l’aléatoire, l’accident : rien de tout cela n’est à corriger pour lui, tout fait partie du processus. On sent, en parcourant l’exposition, cet équilibre fragile entre spontanéité et maîtrise, entre lâcher-prise et contrôle.

L’immersion commence dès les premières pièces exposées, au fil des éléments – le feu, l’eau, l’air, la roche, la forêt – et elle se cristallise dans des pièces comme Mer Noire, une table basse où la mer, figée à un instant précis grâce à un logiciel utilisé dans le cinéma d’animation, a été moulée puis recouverte d’une fine peau de cuir sombre. La conception est numérique, mais la sensation, une fois la pièce terminée, est celle d’un objet façonné à l’ancienne.

Vue d’exposition. Crédit photo : Caroline Dethier.

Tout autour, cinq miroirs dorés à la feuille d’or rejouent, teinte après teinte, la lumière d’un coucher de soleil. Cette recherche sur la vague se prolonge dans des pièces en céramique. Et puis il y a les pièces plus anciennes, comme cette table en résine verte née du moulage d’un tronc d’arbre, comme abandonnée en forêt, ou ce petit cabinet métallique repeint en trompe-l’œil – on ne sait plus, à la fin, si le bois est peint en blanc ou l’inverse, et c’est précisément le trouble que l’artiste cherchait à provoquer.

On ressort de l’exposition avec l’impression d’avoir suivi, plus qu’une collection d’objets, le cheminement intime d’un créateur toujours en dialogue avec sa matière.

A voir jusqu’au 15 novembre 2026.

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